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ecoradio : digital recycling & machinic minimalism  

Ecoradio : relecture d'une production radiophonique eco-ilogique

Julien Ottavi / APO33     print
 
En partant sur le rapport que la production radiophonique entretient avec la notion d'eco, nous pouvons traverser différentes maniére d'aborder la relation : du point de vue du détournement, de la citation, du recyclage, du re-investissement ou bien encore du re-jouer.
Le terme Eco vient du fait d'habiter, et dérive depuis vers une terminologie proche de celui de la réduction, être eco, faire de l'eco, c'est en faire moins... on y retrouve aussi la notion de recyclage, réutilser des matériaux produits dans un but pour en faire autre chose. On pourrait concevoir cela comme une extension de la possibilité de vie d'une chose, comme une maniére de le re-investir sous une aure fonction, c'est en cela ou l'eco peut être proche du détournement, dans sa possibilité de fonctionnement a-synchrone.
Dans le fait de penser une forme d'ecoradio, à priori nous irions vers une forme dangereusement totalisante, par exemple, le recyclage totale des radios disponible, sous un compactage insurmontable d'accumulation de frequence modulé, ou bien la réduction de toute transmission à sa forme la plus squellettique, l'eco dans sa version minimaliste, un rien, un souffle, un bruit de fond, l'oscillation imperturbable de l'emetteur. En outre l'Ecoradio, dans notre cas, revient sur une production propre à soi, propre à "sa" production, celle de l'auto-déchet dés-fonctionalisant, celui qui à toujours une fonction mais dont la continuité réside dans sa propre défaillance et sa mise au ban de l'événement efficiant.
Depuis bientôt quatre ans, nous crééons des webradios, des flux audio dont les champs se sont étirés de la simple transmission d'un événement, à des performances spécifiques utilisant le médium "stream" ou flux webradio, à des webradios plus classiques diffusant nos travaux accumulés depuis plusieurs années ou sur des aspects particuliers de notre production (série de l'inaudible).
Toute cette production accumulé nous améne à l'heure actuelle à sept webradios, dont le nombre ne cesse de changer, dont l'écoute reste variable, cela dépend du contenu et du renouvellement de ce contenu (archives sonores, installations sonores, poulpe, beyond radio...etc).

L'ecoradio apparaît finalement au moment où la question se pose sur le recul face à sa propre production, précisément quand se met en place notre relation à cette accumulation de production, sur l'interrogation de cet acte obsessionnel qui est l'acte de produire. L'ecoradio est cette possibilité de revenir sur cette accumlation et de la rejouer sur un autre mode, prendre les flux pour les remanipuler, sans aucun à priori de résultat, comme déchets à recycler dans un autre phénoméne, à partir du rapport de singularité que la machine exerce sur la mise en place de dispositifs de digestion et de redigestion sans fonctionnalité. Cette machine qui va replanté à partir du réel, revivifié cette dérivation, comme déviation permanente, de son contexte surajouté, prenant les matériaux, les flux à même le bit afin de le recracher sous une forme non-emotionnelle, distancié du corps, proche du rapport au recyclage machinique et perpétuelle.
La production vue comme déchets permet d'aborder la mise à distance de son auto-poïesis, d'une production qui serait trop bouclé sur elle-même pour pouvoir discuter, s'étonner, se dépasser... . Envisager le déchets comme une potentialité créative exploré par la machine, machine à broyer le réel, à le dé-réaliser, à le désinfléchir de sa course vers son automortification, au point de s'abimer dans une perte en cascade. Cette Machine qui nous sert de masque pour croiser le fer avec l'insconscience du réel vécue dans sa relation à la permancence, ce masque mis enfin à distance, travaillant cette poïesis vibratoire, dés-enclenche ce verrou de l'autosatisfaction approuvé, la répétition de cette oscillation transmise vers le "tous" et vers le personne. Y a-t-il dédoublement dans cette relation à la machine, la production d'un autre moi, celui qui enfin n'aura plus d'incarnation faite de chair et de sang, quelle serait l'inévitable chemin qui nous améne à notre cyborgéification, le devenir machine comme seul possibilité de transcender notre état d'humain non assumé? A quel moment notre déshumanisation nous aménera t-elle vers ce point de défaillance qui surgit inévitablement dans le fonctionnement d'une machine?

Le déchets, la machine, l'ecoradio, ces notions se composent à partir d'autres : flux, production, automatisation... rejouer la mort même de toute production à travers l'outil de copie de la vie par exellence, copie version alpha de notre ecosystéme, la machine prend le flux radio comme activateur de systéme auto-génerateur de probalité machinique, sans pour cela arriver à fonctionnaliser le contenu et le caractére improbable de sa mise à nu vibratoire.
Le flux reste incontrolable dans ses résultantes a-synchrone, il peut s'encadrer mais son essence ne peut pas être maitrisé, elle jaillit dans ses formes les plus incongrues, parfois même basé sur le rien d'un silence prolongé ou d'une mise en connection materialitique délié. Son résultat n'a pas de forme prévisible et ne peut avoir de copie exacte d'elle même, elle est intemporelle en ce que son corps n'existe jamais deux fois sur le même espace-temps, ce corps vibratoire non répétitif, non fonctionnel, pulsion d'informe jamais totalement calculé, maitrisé, jamais reproduite à deux fois la même, une inconditionelle du devenir en mouvement... .

Alors L'ecoradio comme nouvelle forme radiophonique? Pas du tout car elle n'est pas nouvelle, car elle n'est pas seulement radio mais elle entend déjà la radio comme un flux mais aussi car elle est un passage, une transition à revenir, qui nous permet de digérer la sono-poïesis digitalisé s'incarnant dans le flux transmis bit par bit à travers les réseaux sacrés de l'informalité d'interconnexion machinique. L'écoradio permet ce regard, cette écoute vers cette boucle que nous engageons face à notre propre désespoir de ne pas exister au delà de nous-même, le flux étant comme si notre voix était en permance décuplé et disponible au delà de toutes temporalité physique tel que le sommeil ou le besoin de manger.


 

 


 

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